“Alors c’est quoi une vie de retraité ?” me demande un jeune éberlué. Je lui dis qu’à l’heure de Whats’app et des réseaux, au long de la journée, j’envoie des sms et des photos, des blagues et des petits mots. Bref, lui dis-je, une vie de retraité, c’est surtout cultiver l’amitié.

Il est reste sonné quand je lui dis que des sonnets, je transmets. En fait, il ne m’a pas cru. Il croyait que j’étais foutu. Il ne pensait pas que j’étais encore cultivateur. Il pensait que j’étais, tout au plus, pêcheur. Et quand je lui dit que, hier j’ai encore appris, il a pris un fou-rire nerveux (comme une rage dedans). Il est devenu gêné le morveux. Il est devenu gênant (vous savez la gênance -de l’enfance- ?!)

Il ne pensait pas que je pouvais toujours être en apprentissage, à mon âge. Un apprenti sage oui : un étudiant de la vie. Je lis et je suis des cours en ligne. Ce n’est pas une question d’âge, c’est un état d’esprit.

Comme on peut se tromper sur la vie, c’est fou. Les jeunes n’écoutent pas leurs ainés, c’est tout.
Combien me disent qu’ils n’auront pas de retraite. Ils n’imaginent pas comment, très vite, ils vont y être.
A vingt ans on est content. A quarante, on commence à comprendre qu’est compté le temps. A soixante, on sait que la mort l’amour est là. Et que le semeur, d’un cœur léger, s’en va… JMP


PS : “Pour bien vieillir il faut garder en soi les curiosités de l’enfance, les aspirations de l’adolescence, les responsabilités de l’adulte, et dans le vieillissement essayer d’extraire l’expérience des âges précédents.” Edgar Morin (104 ans)

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