“Tant qu’on peut penser le temps, on est” dirait Descartes. Si tu as toutes les cartes en mains, tu peux aussi panser tant et tant (tant que tu es palefrenier). Car il est délicat de penser en pansant. Surtout si ton cheval est mal odorant pensant. Oui Monsieur, ce n’est pas couper les cheveux en quatre que de dire qu’il existe des cheveux chevaux mal intentionnés. J’en ai rencontré un, fut un temps, il voulait à tout prix mettre sa cavalière par terre. Et il se trouvait que la cavalière était en guerre ma cavalière (au bal de tantôt). Elle a fini dans un bosquet épineux (et puis zut !) et elle m’a fait la misère tout le week-end. Mais “heureusement qu’il y a toujours un tant mieux dans un temps pis“, comme disait Luigi. “Il faut laisser du temps au temps”, disait Mitterrand. On s’est réconcilier sur l’oreiller (une situation de buisson et pine eux), mais elle m’en a voulu un temps long soit peu. C’est peu de le dire. Peau de vache que ce cheval !

Tant qu’on peut réciter des proverbes d’antan, ça veut dire qu’on garde la mémoire. Et quand on peut plus, Bontempi (j’en avais rêvé, finalement j’acheta un Farfisa). Oui tu le sais ami lecteur, j’ai pas la musique dans la peau* même si je fais aujourd’hui changer chanter les mots ! Par exemple : “Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse” est un dicton qui n’a rien à voir avec mon histoire de cavalière c’est sûr. (Même si elle a faillit se casser la cruche cavalière devenue piétonnière). “L’argile est fragile et pour survivre il doit rester à Gilles agile” disait la postière potière (qui buvait pas que de l’eau et de la bière)…

“Tant qu’un pourri est à la Mairie”, disait l’aigrie ; “le temps qu’on pourra en changer aussi”, répliqua Giorgia. Oui Giorgia, elle passe sa vie à hue et à dia dans la rue ; en tout cas, elle y est très souvent vue. Elle raconte des histoires à dormir debout dans la boue rue (à tout bout de champs), et de bout en bout, finalement, les gens la croient, Giorgia. Moi, je fais vite une croix sur ses récits apocalyptiques, car je la vois, elle est aigrie d’autrefois. Sans remonter au paléolithique, pour elle, le passé c’est passé simple. Le présent, c’est dur. C’est à dire qu’elle voit la vie d’avant, mieux que maintenant, alors que comparer n’est pas raison aisé (les choses ont tellement changé dit Tonton). Et puis ses souvenirs sont sélectifs comme le tri. Aujourd’hui son passé lui semble plus beau que notre présent. Mais c’est le deuil de sa jeunesse qui lui fait un clin d’œil déforme sa lecture. Et c’est faire à autrui un présent que de lui parler littérature du présent en beauté (oui, une toilette apprêtée est plus agréable au gentilhomme qu’une salopette de bouseux de charretier). “C’était mieux avant” naît n’est qu’une phrase paravent. Car auparavant, les choses étaient rudes. Les gens étaient tous paysans, descendants de paysans, ils travaillaient tous aux champs. Que dire, ils s’épuisaient avec leurs bœufs, ils s’exténuaient avec leur âne, ils s’usaient les os (tant qu’il leur restait de la peau sur les os). Car au-delà de leurs harassants travaux aux champs (sans le haras), ils craignaient par dessus tout la peste. Epidémie après épidémie, elle les décimait (cette peste) !

Mais “avec des si on mettrait Paris en bouteille” dit la maxime. C’est tentant disait Maxime l’autre, mais les hypothèses n’ont jamais mis les gens à l’aise. Ce sont les actions qui mettent les gens en situation. Et là, si tu dis que le temps te semble long, alors je m’en vais directement te dire que tu viens de voir la chute de rein mon récit. Même s’il faut bien penser que ce qui nous pend au nez, c’est encore le pangolin les pandémies, les marchés d’animaux sauvages ayant toujours cours en Chine. Et cette chute là, elle fait froid dans le dos (de cabillaud), n’est-ce pas ?

Mais bref, j’aime mieux penser sur le temps que panser sur le (mo)tard 😉 JMP


*même après 15 ans de claviers électroniques (orgues et autres synthétiseurs) dans ma jeunesse, où les voisins m’appelait “JMJ Bontympan” (et non encore JMP, et oui il faut du temps pour se faire un nom) cad Jean-Michel Jarre (oui et la cruche jarre se cassa un jour)…

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