Chronique Terrienne n° 295 Jacques Chirac l’avait scandé lors de sa campagne présidentielle de 1995 : “Mangez des pommes !” Il ne parlait pas encore de bio à l’époque. Vous le savez, je suis bio aussi, mais je suis bi aussi. Bi-culturel (Delphino-Savoyard bien sûr) et côté informatique, je l’ai aussi été. Je vais vous narrer ici La Pomme. Celle qui est déjà croquée : mon histoire avec Apple au tournant du siècle dernier (dans la décennie 1993-2003).
Et oui, je suis tombé sur la pomme avec la PAO : la Publication Assistée par Ordinateur. Dès la fin des années 80 et tout début des années 90, quelle facilité déconcertante s’offrait alors aux communicants dont j’étais, que de pouvoir mettre en page et modifier, puis améliorer encore et encore sa présentation en la visionnant directement sur l’écran d’un ordinateur personnel (répondant au nom irlandais de “Macintosh”) à l’aide du logiciel Page Maker.
Oui, je suis de la génération qui a vécu l’arrivée du numérique dans la chaîne graphique. Et qui a pu constater, bien avant le grand public, son intérêt évident. La PAO nous évitant moultes et moultes allers & retours pour faire les modifications et corrections de nos documents à publier. Le gain de temps devenait alors incroyable : de plusieurs jours avec la photo-compo. et le maquettage à la main, nous passions d’un coup, à seulement quelques heures pour éditer une publication.
Et alors que je faisais travailler une jeune pionnière (qui portait d’ailleurs mon nom -les grands noms se rencontrent toujours, non ?-) je découvris Apple. Et lorsque je montais, quelques années plus tard, mon agence de communication, ma pièce maîtresse, ce fut un studio PAO intégré. C’est ainsi, que pendant 10 ans j’achetais des Big Mac.
L’une des difficultés a été notamment, de les mettre en réseau avec nos PC, pour qu’ils communiquent dans le cadre de nos projets multimédia. Deux mondes à part se rejoignaient alors : Windows et Mac OS. J’avais d’ailleurs développé une bonne culture informatique, en plus d’avoir diversifié l’agence dans les outils interactifs dès 1996 (bornes multimédia & sites web).
J’étais bien tombé dans les pommes. J’achetais plusieurs ordinateurs chaque année, ainsi que les logiciels professionnels comme Xpress, Illustrator ou bien Photoshop (très onéreux d’ailleurs). Mais les frais ne s’arrêtaient pas là : il fallait de grands écrans à la résolution précise et des périphériques de transfert (avec nos partenaires flasheurs et imprimeurs -avant la ligne Numéris qui ne résolva pas tout-) et d’archivages (tous sur bandes magnétiques à l’époque). Nous devions également acquérir les droits d’exploitation des photos auprès des photothèques, sans oublier les polices de caractères… Et oui, c’était comme ça. Aujourd’hui, on pense que tout le numérique est gratuit ou presque. Et que dire du coût de la maintenance spécialisée ? (oh combien précieuse pour tenir les délais quand un bug arrivait.)
J’aimerais me souvenir des noms des fameux modèles de Mac survitaminés* au top de l’infographie de la fin du siècle dernier, mais ma mémoire a fait “reset” depuis… car j’ai eu plusieurs autres vies avant la retraite… JMP
*course à la puissance, tant les fichiers graphiques sont lourds : le Macintosh LC 550, les Quadra 800 puis 950, les Power Mac G3 puis G4, sans oublier l’iMac G3.
PS : à part deux IPC pour démarrer, j’ai fait confiance à un nouvel intégrateur (comme IPC d’ailleurs) qui se nommait DELL (le Texan). En tout, j’ai dû acheter pendant cette décennie une vingtaine d’ordi. neufs pour l’agence.
