Chronique Terrienne n° 301 “Que voulez-vous ?”… Je veux vous vendre mes vis ma sauce, mais je vous dis que “je recherche des partenaires”, je veux vous placer mon barbeau, alors je vous dis que vous êtes le plus beau. Et si vous êtes tombé dans l’addiction, vous pouvez boire sa soupe. D’aucuns seraient même issus d’une “fécondation in bistro”, dit la légende. Pour eux, (au bout du Pernod rouleau) on ne peut plus rien !
Oui quel est ce vice à (presque) mentir dans les premiers propos du contact initial ? Un artisan qui avait sonné récemment à l’interphone de ma maison pour prospecter, m’a délibérément dit qu’il “faisait de la pub pour son activité” : j’ai trouvé celui-ci aussi maladroit (dans ce cas je ne le voyais pas) que sincère. Je lui ai dit que je n’avais besoin de rien en ce moment dans sa branche, mais lui ai souhaité bon courage. Il est, en effet, un petit exploit de vivre de ses démarches. Bien peu d’entre nous y parviennent dans leur vie, d’ailleurs.
Car entre tous ceux qui étrennent sur le budget de l’état et nos impôts (directement ou indirectement), ceux qui sont dans les grosses entreprises et organisations sans être au contact des clients, et même ceux qui y sont, mais que leur situation rend incontournables (genre experts-comptables à cause de la législation ou plombiers en raison de la loi -du marché-) … bien peu en effet sur des marchés concurrentiels réussissent à vendre leur prestation en direct eux-mêmes, en réalité.
Et si le seul vrai juge de paix de notre vie professionnelle était là ? Sa compétence, son savoir-être, son dynamisme etc… reconnus par le seul tribunal ultime : la commande du client, qui paie les services !
Un ami, me confiait il y a quelques jours, alors qu’il avait dû se mettre en free-lance quelques temps en fin de carrière, qu’il avait pris conscience qu’il était à la place de ceux qu’il a fait marner dans tout son parcours de cadre-dirigeant… et que ce n’était pas agréable ! Et oui, je crois que l’humilité est aussi le cadeau caché de ces aventuriers, qui tracent leur sillon à la machette, dans la jungle de l’entrepreneuriat. Il n’est pas donné à tout le monde de vivre dans une forme d’insécurité psychologique et matérielle en donnant le meilleur de soi.
Alors : “vivons bien vivons cachés” ou encore “vivons protégés mais sans liberté”… (?)
La question finale me semble être la suivante : saurez-vous un jour ce que vous valez vraiment ? JMP