Chronique Terrienne n° 266 Près des deux tiers des personnes âgées qui vivent avec un chien ou un chat estiment que leur animal a un impact positif sur leur santé mentale ou physique. L’ étude a été publiée par OpinionWay pour Purina, une société spécialisée dans l’alimentation des animaux de compagnie, à quelques jours de la journée mondiale des animaux, le 4 octobre dernier.
Pour plus d’une personne âgée sur quatre, leur animal de compagnie est l’être vivant le plus important dans leur vie !
44 % des sondés déclarent parler plus régulièrement à leur animal qu’à leurs enfants ou petits-enfants. 30 % affirment même passer des journées entières sans parler à personne d’autre qu’à leur animal.
La solitude est un malheur très répandu dans notre société “moderne”. Nous avons besoin de relations humaines. De proximité relationnelle. Bref de fraternité.
Ces deux derniers mois, j’ai à nouveau effectué une vingtaine de visites de personnes âgées, handicapées, en deuil, parfois isolées. Elles étaient heureuses de l’attention portée à leur égard et d’échanger avec moi. Il est précieux aujourd’hui de tisser des liens plus forts entre les individus.
“Toutes les fois où l’on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi” disait Simone Weil. La philosophe, qui fait de l’attention la vertu primordiale, en avait une vision plutôt ascétique. Crawford lui, propose une “érotique de l’attention” qui permet, “non pas de fuir le monde dans les vapeurs éthérées de la méditation ou dans l’intériorité bon marché vendue par les profs de yogas aux trentenaires surbookés des grandes villes, mais de regagner la tessiture des choses à l’épreuve de la rencontre.”
Dans ce monde “liquide”, il est nécessaire de parler à nouveau du cœur.
“L’accès à sa propre intériorité a des conséquences immédiates, non seulement sur la vie personnelle de l’individu, mais aussi sur son intégration, son appartenance et sa contribution au fonctionnement ou au dysfonctionnement des groupes et communautés auxquels il appartient. Cet enjeu même a donc une portée sociale, communautaire et citoyenne…” selon Thomas d’Asembourg.
“La société contemporaine occidentale est pétrie de matérialisme. C’est une société de consommation, d’ingénieurs et de biologistes. Mais cette société qui est la nôtre n’a cependant pas comblé la nostalgie de la vie spirituelle, constitutive du désir de l’homme, et qui aujourd’hui cherche sa consolation auprès de diverses sources*…” (plus ou moins malsaines cf. CT 265) écrivait il y a plus d’un quart de siècle, Benoît Lobet, théologien et écrivain belge.
Antoine de Saint-Exupéry, la veille de sa disparition en vol, le 31 Juillet 1944, rédigeait ceci dans sa dernière lettre : “Ah Mon Général, il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus vivre sans poésie**, couleur ni amour. Rien qu’à entendre un chant villageois du 15ème siècle, on mesure la pente descendue…”
Ultra moderne solitude ? J’enfile un sourire et j’arrive 😉 JMP
* dont le divertissement, pour oublier le peu qu’on est, et la mort qui nous attend…
** mon poème : “Amour & Fraternité”
Quand certains sont dans le partage,
Ils jouissent de leurs avantages,
Convivialité, solidarité,
Nombre sont sur leur nombril, centrés,
Animer la joie de l’amitié,
Plutôt que rester enfermé,
Hors de toute fraternité,
Epicurien, oui c’est bien,
Mais hédoniste, c’est païen.
(mais “et pis sans lie” c’est reptilien)
JMP (© 2024)