Chronique Terrienne n° 292 Quelle liste de futurs journalistes parmi les étudiants de mon entourage, enfants de mes relations. Pour le coup, ce secteur professionnel (que j’ai côtoyé à plusieurs reprises dans ma carrière) semble bien bouché. Et l’économie de la presse, de nos jours, bien tourmentée… Je discute avec la fille d’une amie qui me dit vouloir s’orienter dans le journalisme et qui s’inquiète de ne pas travailler pour un journal intéressant. Ironiquement, je lui dis qu’elle ne commencera sûrement pas à “Paris Match”. Elle me répond : “Ouais, de toute façon, j’aime pas le foot !”

Certes, les sujets traités par les apprentis en début de carrière, seront du type : “Peut-on faire de la confiture de coing dans une bassine ronde ?” en rubrique “Culinaire” ou alors “Everest mais Adam part-il ?” en rubrique “Sport” (extrême). Mais il est bien clair que les rubriques spécialisées nécessitent des experts chevronnés, et la géopolitique des professionnels qui ont du métier…

Alors avec le numérique qui a tout englouti, de nouvelles petites mains remplissent des missions de rédaction plus ou moins bien éthiquement positionnées. Ainsi, tout comme nombre de journalistes sont passés dans le camp des communicants, une sous-catégorie (de pseudo-informateurs) est apparue ces dernières années sur internet : les “créateurs de contenus”. On trouve en ligne facilement la vidéo YouTube : “Devenir influenceuse à 30 ans” et le “GUIDE COMPLET Comment devenir créateur de contenu ?”  Un kit pour se convertir en 3 heures, avec surtout l’essentiel : “le coup de boost pour chauffer l’algo” (selon la plate-forme choisie).

Car là est le bât qui blesse, un influenceur est influencé en permanence par l’algorithme de sa plate-forme (YouTube, Facebook, TikTok, Insta. etc…)

Ce métier nouveau* a une fiche ONISEP et sa définition officielle : “Un influenceur ou un créateur de contenu est une personne qui utilise un blog personnel et/ou tout autre support (forums, réseaux sociaux et communautés) pour diffuser ses opinions auprès des internautes et qui est capable d’influencer ces derniers en modifiant leurs modes de consommation. Les influenceurs font ce que l’on appelle du marketing d’influence.” (Source : emarketing.fr)

Donc, bien que n’ayant eu aucune autre ambition que de partager et de faire sourire, je suis malgré moi, depuis bientôt 20 ans, un influenceur, étant un Bloggeur invétéré. Je suis donc sur la liste. Pauvre de moi. JMP


*Depuis le 1er juin 2023, la France est le premier pays européen et l’un des premiers pays au monde à encadrer et à réguler le secteur de l’influence commerciale, avec, notamment, la création d’une définition juridique de l’agence d’influenceur et l’obligation d’un contrat écrit entre les marques, les agences et les influenceurs à partir d’un certain montant.

“Percepteur de l’influenceur”

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