Aujourd’hui, je vous pose une question sérieuse : suivez-vous les règles de la bienséance ? Avez-vous un peu de tenue et de réserve en société ? Faites-vous preuve de tact* et de délicatesse avec autrui ? Respectez-vous l’étiquette et les convenances ?
Lors d’une réception (chez l’ambassadeur) par exemple, ne parlez jamais la bouche pleine. C’est moche. Mais surtout, ne parlez jamais la tête vide. C’est pire. Et pourtant, on a souvent les idées décousues quand notre esprit est tailleur. Oui parce qu’à propos de tailleur, ma voisine de droite (la cousine de l’ambassadrice) ne rentre dans le sien qu’avec un chausse-pied. Elle m’avoua (bien volontiers) au cours du repas (bien arrosé) : “Toutes mes tentatives de régime se sont soldées par un bide.” Comme j’aime (sic) les gens galants qui osent faire de la publicité à la TV l’humour sur eux-mêmes. Il faut avoir un grand sens de l’autodérision. Et de la modestie aussi…
Et si, en plein dîner, le convive (gai luron) en bout de table s’esclaffe : “soleil en août, pâté en croûte !” Je vous propose alors de rire de bon cœur. Nul n’est né avec un sens de l’humour fortement développé. Pour lui, ayez pitié. Ne lui répondez-pas tout de go : “les tôles ondulées, mais les vaches aussi !” Car c’est tout un cheminement, un parcours, une éducation. On y arrive, l’éducation, toujours l’éducation ; avec notamment la décence, la pudeur et la discrétion.
Car peut-on rire de tout avec n’importe qui ? Là est bien la question ? Hier, je parlais courtoisie avec une jeune amie. Elle ne voyait pas trop le sujet. Je lui parlais de politesse et de savoir-vivre. Il semblait que ces notions étaient un peu caduques pour sa génération, et pour elle aussi. Je lui parle alors de correction et elle me répond (l’effrontée). Je n’ai pu m’empêcher de me dire intérieurement qu’elle avait une fesse tête à claques.
Bref, derrière les apparences et le décorum, l’honnêteté me demande d’avouer que mon sang ne fait qu’un tour face à ce type de malappris(e). C’est ce genre d’invité qui ne sait s’il convient de poser son iPhone à droite ou à gauche de son assiette, par exemple. Et vous en conviendrez, ceci est un manque d’éducation avéré. Dans un banquet, le faux-pas inexcusable (fait le guet)** est assuré.
Mais si mon daim vous tient, vous voilà bien logé. Et ainsi vous pourrez confirmer : “C’était un plaisir.” JMP
NB : avec la contribution de Madame la Marquise Nadine de Rothschild
*”Le tact, c’est cette petite poudre que tu mets sur tes phrases pour qu’elles soient plus douces.”
**à ce sujet : on peut très bien faire le guet sans être gay, mais également être gai en faisant le guet 😉