Cette année, cela fait 50 ans que je vis dans un mobil home casqué. Enfin, que je porte régulièrement une protection sur la tête, lorsque je monte que mon deux-roues motorisé. L’obligation (heureuse) en France, date en effet de 1976, et moi j’avais 14 ans, juste l’âge légal pour enfourcher une mobylette. Et par là même prendre mon envol d’oisillon. “Le rat passe. Faucon arrête les gars. Franchement ta buse. C’est là condor ce soir ? Palombe d’un doute, c’est ici.” Voici ainsi un extrait de propos tenus par des motards (que j’aimais) en road-trip. Oui, les road-tripers (à ne pas confondre avec des road-strippers ni des road-ripeurs, nous ne faisons ni du strip-tease ni du ramassage d’ordures ménagères, que cela soit bien clair) parlent ainsi entre eux souvent. Car eux seuls suivent le vent (jusqu’au prochain Relais Motards).
Si j’ai eu un casque pour le ski quelques années plus tôt (en effet une perche de tire-fesses avait atteint ma tête : quelle ski de bosse !), je suis surtout un enfant du casque obligatoire sur la chaussée. Tels des “Chevaliers de la route” (marque déposée) nous portons haut notre heaume. Celui-ci étant presque notre seule armure, nous entretenons une relation particulière avec notre casque. D’abord, vous dire qu’il est tout personnel, ne se pose jamais par terre et ne se prête pas (comme sa brosse à dents). Il est à ma taille et la jugulaire (micrométrique) ajustée à mon cou, d’une part, et le calotin, la coiffe et les garnitures se sont faites à la morphologie de ma tête, d’autre part. Il porte aussi mon odeur système de connexion audio pour parler aux dames (ma passagère et la dame de haute-sa_voix, selle -biplace- du GPS). Il accueille mes lunettes de vue pour piloter. Elles passent sous l’écran solaire, indispensable accessoire, qui se relève d’un geste dans les zones sombres, en sous-bois par exemple. En effet, conduire avec des lunettes teintées sous le casque est dangereux, car on est précipité dans le noir en entrant dans un tunnel de montagne (souvent, ils ne sont pas très bien éclairés).
Le système de ventilation est également très important, tant les conditions varient d’un moment à l’autre sur la route à moto. A l’avant, sur le menton, et au sommet du front, des aérations sont réglables de manière à varier (voire occulter si besoin) les flux d’air entrants. Des extracteurs sont également positionnés à l’arrière de mon casque. La saison dernière, j’ai connu des amplitudes de températures très fortes, de près de zéro à 38° (en traversant Montcuq-en-Quercy-Blanc Montpellier en août). D’où l’importance des ouvertures, de l’écran principal aux aérateurs en question. Sans parler, que depuis quelques années déjà, mes casques sont modulables, cad qu’ils s’ouvrent entièrement en face avant, ce que j’apprécie (à l’arrêt). Même s’il est homologué pour rouler ouvert (via une sécurité) je ne trouve pas prudent de le faire ; en effet lors d’une chute, 80% du temps vous tapez la tête par terre, et 80% du temps c’est votre face qui heurte le sol. D’où l’inutilité relative des casques sans protection de la mâchoire, type “jet” (ou pire les “bols”).
Mon casque intégral actuel est réalisé avec une superposition de couches de fibre de verre organique et de fibres multi-composite pour une coque absorbante. Je ne résiste pas à vous dire également que je bénéficie sur mon dernier casque d’un générateur de vortex intégré pour une réduction active du niveau sonore, au delà de son aérodynamisme (travaillé en soufflerie) limitant les turbulences. Précisons, pour en….. les mouches terminer, qu’il est doté de systèmes antibuée et de filtre anti-insectes.* Car il faut y voir clair pour filtrer les sectes. JMP
*Lire à ce sujet l’ouvrage : “How to be sexy with bugs in your teeth” (A motorcycling manual for women) de Trisha Yeager.
