“Plus de ratons laveurs, moins d’ingénieurs” qu’ils criaient. J’aime les rimes, en fait, bien plus que les ratons-laveurs et même les ingénieurs.
A propos d’ingénieurs, en Grésivaudan, les énormes industries micro-électroniques, qui siphonnent la moitié des nappes phréatiques, expulsent de par leur gigantisme, des écosystèmes fragiles. Et la migration des ratons-laveurs d’ingénieurs venus d’outre-Dauphiné fait monter les loyers.
Ayant passé une décennie à côté d’un site industriel géant de plus de 4000 personnes, moi indépendant cad 1 (“un”), jamais je n’ai pu travaillé avec ces gens. La seule personne que j’ai accompagné venant de cette boîte, c’est elle qui a décidé de me faire confiance (pas sa Direction, même si celle-ci a dû payer à la fin -petite fierté-). Si, dans la vallée certains en ont profité, à titre d’exemple : dans le bureau d’à côté, sur mon palier, une société de Marseille dont l’équipe toute entière était dédiée au site concerné ; moi pas vraiment.
Oui, ces dernières années, il a déferlé dans la vallée, le tsunami d’ingés, avec leurs sous-traitants dédiés mais aussi de petits employés biberonnés. Les rémunérations plus élevées mais aussi les avantages éhontés. Un vrai fossé avec les PME et autres indépendants d’à côté. Je citerais entre autres : le CE et les RTT. Mais il y a aussi les mobilités facilitées, le superbe restaurant d’entreprise et ses tarifs très-très modérés (moitié prix du sandwich dans ma boulangerie)…
Bref, un monde particulier, un univers à part entier. Une caste spécifique, des moyens magiques… (ça rime bien, hein ?)
Quand on ne sait si ça rime à quelque chose, c’est un souci son non ? Et oui, ces organisations multinationales (qui n’ont pas accès au BSP -le bon sens paysan-), suivent une pure logique comptable, voire la logique-illogique de leur boss, souvent hors sol (qui rime à rien). Le pire c’est qu’elles sont d’une telle puissance de lobbying que ces emplois sont avantageusement (pour elles) subventionnés par nos impôts. Les aides multiples qu’elles reçoivent sont en fait pléthores quand on les liste fort toutes…
“La vie râpe Jeanne. Il faut tout faire pour l’adoucir. Et rien de tel que les rimes. Oh elles se cachent souvent, elles ne sont pas faciles à dénicher. Mais une fois installées à la fin de chaque phrase, elles se répondent. On dirait qu’elles agitent leurs petites mains amicales. Elles te font signe et elles te bercent. Je crois que je ne pourrais plus vivre sans mes rimes” écrivait Erik Orsenna (de l’Académie Française) dans “La grammaire est une chanson douce”…
Et quand on croise Erik là-haut (à l’Elysée), on parle de mots. Là, sur la photo, on parlait des mots des maux. On rime sans en avoir l’air de rien, discrètement
“Mais qui trop embrasse, mal étreint” selon le proverbe. “Le désir manifestement irrépressible de rimer, qui en asservi parfois le sens et en réduit la portée, fait mine de dire quelque chose, mais ce n’est qu’automatismes de rimailleurs en perdition” disait un jour François Rollin.
C’est pas faux certain. JMP