En cet été 2025, j’ai découvert par hasard le premier foirail de France !

Sur un panneau rouge, placé à bonne hauteur sur la haute grille, était écrit :” Accès réservé aux professionnels du foirail”. Moi qui ai fréquenté moult métiers dans ma carrière, il ne m’a jamais été permis de côtoyer un professionnel du foirail… Il ne faut évidemment pas le confondre avec un professionnel de la foire (ni de la poire d’ailleurs). Ici la fête foraine n’est pas reine. Même si c’est pas rien. Le foireux n’est pas forcément un “Jean du voyage” comme on dit. Ne contribue pas à la foire (du trône) qui veut, mais ne fait partie du foirail qui veau !

Bref, vous l’aurez compris, j’ai découvert début août à Laissac, en Aveyron, un bien beau métier. Dommage pour moi, car le site, immense et encerclé par une haute barrière, était désert. Seuls un panonceau informatif et une série de grandes photos devant l’entrée, permettait de comprendre de quoi il s’agissait vraiment : le marché aux bestiaux de Laissac-Sévérac-l’Eglise est le plus grand du pays, avec 70 000 animaux échangés par an. Diantre ! Et qui plus est, il est très ancien. S’il date de 1977, il est hebdomadaire depuis 1979, nous renseigne l’écriteau. Une statue honore même son Maire. J’ai pris quelques photos. Il paraît que la première foire ici s’est tenue en 1422. Et à cette époque, on en était bien aux bestiaux, foi de maraud. S’échangeaient déjà des vaches, des moutons… et des gros mots !

Sous un soleil de plomb, j’ai dû renoncer à visiter ce foirail qui, de ses bêtes, s’était vidé. Seule la vache en gros plan du premier panneau semblait me dévisager bêtement. Oui, je suis un touriste. Je suis tombé par surprise sur ce foirail, à côté de mon Relais Motard, où je fais une halte de deux nuits pour reprendre des forces et repartir. Qu’en dis-tu toi, vache d’Aubrac ? alors que ton foirail est en vrac. Je ne vois d’ici même pas passer les trains, semble t’elle me dire. Mais aujourd’hui tu es en estive car c’est l’été. Pas en bas, comme moi, mais dans les hautes prairies. Avec ta belle robe fauve, tes longues cornes en lyre, noires au bout, comme le contour de tes oreilles et le toupet de ta queue ; tu es la star devant ce parterre sur ce poster. Tes yeux semblent même fardés. Moi, je porte mon fardeau : hier du sans plomb, en roulant vers Rodez, sous la chaleur estivale, j’ai failli en manquer. Il est vrai qu’en quittant la table Albi après déjeuner, j’ai vomis omis de vérifier le niveau. Et puis je me suis dit ensuite tout haut que des pompes aux confins du Tarn et de l’Aveyron, il devait en avoir le compte. Mais finalement quand Albi s’estompe, (vous) rodez vers l’Aveyron pas si con nous incombe. Sauf que juste avant Rodez, quand la station spatiale fut devant moi, j’y ai vu un petit miracle : le réservoir de ma moto, en effet, ne contenait plus que 30cl de SP98 ! Une panne sèche, vers 15 heures de l’après-midi en pleine campagne, par 33° au soleil, eu été vraiment de ces moments les plus enjoués. Voilà, c’est bien moi le foireux. Alors je te dis merci vache sacrée, tu m’as fourni ton lait Total Energies pour repartir dès demain ! En moto (pas en train). JMP (© 2025)

NB : oui les stations ne sont pas légion en Aveyron (on a tourné en rond avant de trouver du sans plomb)…

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