Il meurt de rire devant son Happiness Manager !
Ce drame vient de se dérouler dans la (grosse) boîte d’un ami. Rupture d’anévrisme, il est mort en pleine réunion. C’est un truisme car il était patron. Patron de la R&D avec pour vocation : “Travail, famille, team building”… Dire que juste avant le drame, il plaisantait encore lors du pot de retraite d’un collègue, Martin Leroy : “I have a drink !” avait-il déclamé devant l’assemblée, puis il avait partagé un (rapide) plat* à la cantine et avait fumé une cigarette (Take a break in the rush) : le calme avant la trompette tempête ! Puis de son style actif, il avait aussitôt repris le séminaire du Comité Exécutif.
35 ans de carrière au service des puces (put-il faire mieux ?). Cette réunion fut son dernier opus. Son ultime stress-test. Pourtant il en avait connu des tensions. Changer ses plans au dernier moment pour un produit qu’il accouchait depuis un an. Au Bureau d’Etudes de Taïwan, virer des gens. Chaque mois, toujours dans un avion, sans voir sa famille deux semaines durant… Des sacrifices il en avait fait, et à 55 ans sa santé en avait pris un coup. “Il travaillait souvent le dimanche” (pourtant le “Jour du senior”) a évoqué sa veuve aux obsèques.
Mais il n’est pas le seul à quitter l’entreprise les pieds devants. A ce titre, les burn-out se sont multipliés ces dernières années. Des jeunes trentenaires sont maintenant eux-aussi frappés. Et qui sait qu’aujourd’hui, maladie d’Alzheimer, de Parkinson, de Charcot, AVC, dépression, sclérose en plaques, tumeurs cérébrales… plus d’une personne sur trois dans le monde sera touchée par une maladie du cerveau au cours de sa vie ?
Pour revenir à mon (feu) ami, une info (salace) m’est parvenue à l’issue de la cérémonie. Sa double vie avec sa collègue Marie, ou plutôt son affection (platonique) avec la boss du BE des circuits (électroniques). Mon informateur me murmurant (sous le manteau) : “Durant toutes ces années, il l’aimait en secret, sans qu’elle ne le susse jamais.” Ahh les non-dits… non d’une pipe ils t’enfument ils tuent la vie !
Et oui, c’est parfois bien triste la vie en entreprise. Quand tu y passes ta vie, tu y perds parfois la foi vie. Ceci dit, il avait un gros salaire mon pépère copain. Il gagnait bien sa croûte son pain, mais ça fait pas tout ; ça vous rend plutôt tout mou. C’est comme ce Happiness Manager qui a dit le maux de trop. C’était un peu comme un pain de nitro. Ni trop, ni pas assez, il faut savoir jongler croiser ses mots. Il est grassement payé par le Groupe ce gars-là, pour enfiler des perles placer des babyfoot dans chaque open-space (et on sait que les parties de baby excitent plutôt que ne calment les brebis collab.) Oui, on attendait de lui un peu plus de délicatesse. Quelle tristesse !
Triste sir sort, d’un parcours de seigneur, à la fois ingénieur et manageur. Du surmenage, il n’avait pas peur. Mon Dieu, quelle erreur ! Il se croyait encore jeune de cœur. Il se pensait la tête bien faite, alors qu’il pansait sa tête bien pleine, même les jours de fête.
Alors camarade, pastichons la fameuse “Chanson pour Morales” : “Il était mon compagnon mon frère, comme une sœur dans mon cœur. Morales, Morales, disparu au champ d’honneur pour sauver les trois couleurs…” JMP
Lu dans “Les Echos” du 10 07 2026 : En arrêt maladie depuis avril, la française Fidji Simo, numéro deux d’Open AI, a communiqué ce jeudi sa décision de quitter son poste pour se consacrer à sa guérison. “Lors de cette période, il m’est paru évident que le chemin vers la guérison serait bien plus long et complexe que je ne l’avais anticipé, et qu’il me fallait m’y consacrer pleinement”, a-t-elle indiqué sur son compte X. Dans ce même message, elle précise qu’elle continuera à exercer des fonctions de conseillère à temps partiel (sic). Depuis 2019, Simo est diagnostiquée du syndrome de tachycardie orthostatique posturale (POTS), une maladie auto-immune dont les symptômes vont de la nausée à l’hypertension. “Je ne prends cette décision que maintenant parce que j’ai échoué à la prendre de nombreuses fois auparavant”, reconnaît-elle, avant d’ajouter : “parfois, la chose la plus difficile à faire est de s’arrêter.”
* Un plat à base d’ail et de graines de lin, fort épicé d’ailleurs. Oui, les mets d’ail au lin piquent !
NB : On ne parlera pas ici du Festival dans le désert du Nevada, où chaque année, pour conclure la semaine de fiesta : “Nous brûlons l’Homme”…