Ce matin, sur l’un de mes 20 Groupes de messagerie instantanée, un nouveau cliché : deux japonaises en habits traditionnels ! Il venait donc de loin ce visuel, il avait traversé la terre, depuis le “pays du soleil d’avant”, comme on dit. J’ai repensé à cette blagounette où deux amis discutent : “Je suis parti en vacances au pôle Nord” dit le premier. “C’est dépaysant ?” demande le second, et l’autre répond : “Non, c’est des esquimaux !” Donc là, c’est Miko qui il répond à “C’est des paysants ?” : “Non c’est des kimono !”
Malgré le bilan carbone (pas du message lui-même mais du vol long-courrier) et du kérosène exempté de taxes, contrairement au sans-plomb de nos véhicules terrestres (ce qui revient quasiment à faire offrir aux riches de lointaines vacances sponsorisées par les contribuables), je n’ai pu que sourire aux tongs et socquettes blanches de ces dames, par ailleurs boudinées dans leurs robes de chambres surannées.
Moi, la seule façon de m’impressionner, c’est d’être une bonne personne. Peu importe ce que vous avez, ce que vous portez, où vous vivez, où vous allez l’été… J’ai juste un profond respect pour les gens au coeur pur et aux bonnes intentions. Ces belles âmes qui s’intéressent à leur prochain, qui est d’abord leur voisin. Bref, les amis serviables, qui n’en sont pas restés systématiquement à cette injonction matérialiste aussi simpliste qu’égoïste : “Surtout profiter” !
“Je pars du principe pour me rendre à l’évidence” dirait le grand voyageur. Heureux celui qui, sobriété oblige, ira faire travailler cette saison, les petits entrepreneurs de nos belles régions françaises. Partir, c’est un état d’esprit plus qu’une destination. Voyager c’est se mettre en mouvement, donc en déséquilibre, c’est s’ouvrir, c’est communiquer, c’est partager. Et avec la messagerie instantanée : quel pied ! Cette année, j’ai suivi (en immersion avec l’appli. PolarStep) deux amis qui voyageaient totalement différemment : l’un en Patagonie (avec son petit-fils) s’adonnait à la pêche et l’autre, qui marchait (seule) sur les chemins de Compostelle, avec rencontres fortuites et contemplation (au delà de l’effort physique 60 jours durant). J’ai trouvé génial de lire leur prose quotidiennement.
Chacun fait comme il peut, et je ne critiquerais pas ceux que je sais aller voir des proches, avoir des contraintes professionnelles (voire travailler dans un avion) qui font des vols transcontinentaux. Mais est-on obligé d’en faire plusieurs par an toujours autant ? Ici je parle de retrouver un peu de simplicité, et aussi la richesse des nos contrées.
En parallèle, sur un autre de mes groupes, je reçois des clichés d’un anniversaire de mariage (une cagnotte avait été dédicacée à un projet de voyage) : ils ont choisi, eux, les Alpes Suisses, en train puis en chenillard, avec des vues panoramiques époustouflantes. Ils partagent, commentant et expliquant leurs découvertes. Ainsi on tourne voyage aussi un peu avec eux.
D’ailleurs sache-le, ami lecteur, la rotation de la Terre sur son axe correspond à une vitesse linéaire en surface de 465 mètre par seconde à l’équateur. Y’a de quoi vous donner le tournis n’est-ce pas ? C’est sûr, au Pôle Nord, ça tourne moins vite. Mais l’Arctique, c’est pas très pratique. Il y fait certes plus frais, mais yaourt et esquimaux au frigo surtout l’inuit est omniprésent. Et en vacances, c’est un peu gênant 😉 JMP