Il faut bien l’avouer, dès qu’il s’agit de pain, je suis un bon client. J’aime le pain sous toutes ses formes, pourvu que mon boulanger ne me le coupe pas en tranches, d’autorité (dans un geste semi-automatique) sans me demander mon avis ! Du pain en tranche, oui mais c’est moi qui le coupe ! Tout le rituel est là. Avant de la prendre en bouche, la baguette est prise en mains. Avant de la déguster, la miche est dévisagée. Et oui, on est esthète ou pas.

Notre pain quotidien, c’est la saveur du terroir. Le blé qui a germé dans les champs. Le soleil qui a fait son œuvre et la pluie qui a fait sa pieuvre. Un signe de croix sur sa croûte fine, la gratitude du mortel devant la bonté divine. Son couteau à la main, son appétit en refrain.

Que de changements j’ai vu depuis mon enfance, où vers 11h45, j’allais faire la queue, au seul dépôt de pain du village où aucun choix n’était proposé. Seule la forme pouvait se négocier : baguette ou flûte, voire couronne de temps en temps (qu’il fallait commander la veille au moins). Si je prends régulièrement mon pied ma gâche à La gâche (véridique), je vous dirais aussi que notre ancien Maire se nommait Pin je l’achète dans de nombreux lieux. Histoire de varier les goûts et les plaisirs. Que de variétés disponibles aujourd’hui et quelle créativité avec les “pains spéciaux” : pain aux céréales, pain aux raisins, pain aux noix, pain complet, pain au levain (naturel), au seigle, au sarrasin, à l’épeautre “Epeautrer pour transformer” qu’il disait… Et quelles formes : boule, ficelle, bâtard, fougasse, faluche etc… Et bien entendu notre baguette, dont la “Tradition” (à la recette normée obligatoire) est la reine des mitrons !

Dans le four à pain (de campagne) de la ferme familiale, mon père a connu son pain maison, frais quelques jours, puis vite rassis, puis totalement dur, car le fournil n’était activé que toutes les trois semaines (au mieux). De nos jours, le pain de la veille est souvent jeté à la poubelle. Je ne le fais jamais, personnellement. L’amateur que je suis, ne gaspille aucun quignon, foi de maquignon de vieux croûton. Le respect en question. Même le pain de mie (à l’éthanol), le pain d’amis*, le pain du voisin, le pain suédois (de la voisine), le pain perdu (pas pour tout le monde)…

A ce propos, connaissez-vous un (bon) boulanger à Paimpol (A pain Paul ? Le neveu de Marie Blachère ?) J’ai besoin de le retrouver… coûte que croûte… A bon entendeur… JMP


*Méfiez-vous des faux amis : pain brioché, pain d’épices, pain au lait, pain dans la gueule (aie), pin d’Autriche ou pin parasol… Et aussi le pingouin, le pinceau, le pincement et la pince-monseigneur… 😉

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