Chronique Terrienne n° 305 Alors que Dario Amodei (Fondateur d’Anthropic, IA Claude) prévenait en juin dernier des cyber-risques devenus incontestables, “aucune autre activité humaine ne présente un tel niveau de danger” alertait récemment un transfuge d’OpenAI et d’Anthropic. Lui, il lia l’IA avec la fin de l’humanité. Rien que ça…
Nous ne sommes malheureusement pas à l’abri d’un réseaux de criminels ou d’un régime corrompu (cybérisation du crime), qui détournerait la puissance d’une IA à des fins de destruction massive (virus informatiques déstabilisant les infrastructures publiques ou virus biologiques infectieux). Quand on constate que des personnes mal intentionnées mettent un vrai génie à manipuler, frauder et voler leurs contemporains avec la technologie actuelle, il semble bien avoir un avenir pour les malfrats avec l’IA.
Espérer une régulation mondiale ferme de l’IA, à l’heure des impérialismes renaissants qui rivalisent pour le podium, est-ce utopique ? Conforter le monopole de la poignée de mastodontes américains (et chinois) en serait certainement le premier des résultats. Les trois accords internationaux existants (“Ethique et IA”, UNESCO 2021 ; “G7 et IA Générative” 2023 ; “IA et droits de l’homme, démocratie et état de droit”, Europe et USA-Japon-Canada 2024) étant volontaires et non contraignants, ils sont déjà bafoués.
Et que dire des énormes data centers dédiés à l’IA qui constituent une véritable catastrophe écologique et environnementale* : leurs nuisances locales de part leur gigantisme, leur consommation d’électricité et d’eau, leur bruit (etc…) sont incroyables (même si Donald trouve, lui, “ces bâtiments très beaux” -il devrait venir vivre à côté, lui qui appelle l’IA : SI comme “superintelligence”-)
Je trouve aussi assez fou que Google (et les autres GAFAM) introduisent sournoisement dans nos pratiques internet “un mode IA” comme option naturelle et quotidienne. Quelle irresponsabilité ! Je vois ainsi certains de mes contacts oisifs m’envoyer fièrement “leurs créations numériques” (ayant donné lieu à une débauche de ressources) ! Le ludique gratuit n’est qu’une de ces utilisations perverses de l’IA, mais révélatrice de l’ignorance (ou d’une attitude cynique) d’une partie des internautes. D’autres m’assurent que dans leur boulot, ils font en deux heures ce qu’ils faisaient en 3 jours avant (petits malins qu’ils sont). Quand à ceux qui déjà ne peuvent plus se passer de leur chatbot… lui posant toute la journée des questions, voire lui confiant leurs problèmes affectifs intimes !
Sans nier des progrès à opérer grâce à l’IA dans les domaines comme la recherche médicale ou la transition écologique, notre intégrité cognitive et notre faculté de jugement sont en jeu via la dépendance à l’IA et la désinformation qui va avec. Alors, si nous passons d’un monde où l’homme contrôlait l’outil, à une ère où l’homme ne contrôle plus l’outil ?… Cela prouverait que “IA” signifie bien “Intelligence Anesthésiée” ! JMP
*”une course à l’abîme” dénonce Abel Quentin (avocat et romancier) auteur de “Sanctuaires : résister à l’invasion de l’IA générative” aux Editions de l’Observatoire (mai 2026). Il défend de transformer la défiance en revendication politique, comme au USA où 75 grands projets de data centers ont pu être bloqués ou retardés au 1er semestre 2026 ; et même un moratoire signé dans l’Etat de New-York (ce que des élus Démocrates demandent à l’échelle du pays).
PS : Le Réglement européen sur l’IA du 12 juin 2024 encadre l’utilisation de l’IA pour les données biométriques et la reconaissance faciale… en Europe.
(ChatGPT, Phaseone, Claude, Mythos, Gemini, Mistral Vibe ex. Le Chat)…